Réussir en tant qu’entrepreneur dans un monde en constante évolution
Dans une économie mondialisée, l’incertitude n’est plus une exception, mais bien le cadre dans lequel on évolue. Pour les entreprises de taille moyenne ambitieuses qui se développent à l’international, rester sur place n’est pas une option.
Dans le dernier rapport « Interpreneur » de Kreston Global, les chefs d’entreprise délivrent un message plus clair que jamais : la résilience n’est pas un simple atout, c’est la clé du succès à l’échelle mondiale.
Le plus grand risque ne réside-t-il pas non pas dans la volatilité elle-même, mais dans l’incapacité à s’y adapter ?
Introduction : Les connaissances indispensables pour s’internationaliser
Que faut-il aux entreprises pour réussir leur expansion sur de nouveaux marchés internationaux ? Pour les entrepreneurs ambitieux désireux de se développer au-delà des frontières — ainsi que pour les décideurs politiques chargés de façonner l’environnement dans lequel ils évoluent —, il s’agit là d’une question cruciale et en constante évolution.
L’entrepreneuriat international (ou « interpreneuriat ») mérite qu’on s’y intéresse, car les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle prépondérant dans la performance économique mondiale, puisqu’elles contribuent pour la moitié au PIB mondial.1
Le rapport « Kreston Global Entrepreneur » 2026 examine les motivations qui poussent les entrepreneurs à se développer à l’international, les facteurs qui sous-tendent leur réussite, ainsi que les défis communs auxquels ils sont confrontés au fur et à mesure qu’ils doivent faire face à l’évolution rapide de l’économie et des marchés.
Depuis notre dernier rapport en 2024, le contexte opérationnel a considérablement évolué. En 2024, plus de 90 % des personnes interrogées se sentaient prêtes à l’arrivée de l’IA. L’intelligence artificielle n’est plus une technologie émergente, mais elle transforme le mode de fonctionnement des entreprises et crée de nouveaux avantages concurrentiels. Les tensions géopolitiques redessinent la carte de la mondialisation, les régimes tarifaires peuvent changer du jour au lendemain, tandis que les chaînes d’approvisionnement sont en pleine restructuration et qu’un ensemble complexe de réglementations touche presque tous les aspects des activités d’une entreprise.
Par ailleurs, les perspectives économiques présentent à la fois des opportunités et des risques, la croissance dans les économies avancées devant rester positive, bien qu’à un rythme plus lent que dans les économies émergentes et en développement.2
Nous avons interrogé 1 100 dirigeants à travers le monde issus de petites et moyennes entreprises ayant développé leurs activités à l’international, afin de déterminer ce qui les a motivés à se lancer dans cette aventure entrepreneuriale, de connaître les enseignements qu’ils en ont tirés et d’observer l’évolution des mentalités.
Ces résultats témoignent d’une détermination, d’une résilience et d’un pragmatisme sans faille, malgré les difficultés rencontrées. Ils mettent en lumière les changements qui s’opèrent dans le paysage entrepreneurial et ce que cela implique pour ceux qui envisagent aujourd’hui de se lancer dans une aventure similaire.
Alors que nous continuons à accompagner les « interpreneurs » à chaque étape de leur parcours, ce rapport apporte des informations pertinentes et des conseils pratiques.
Les résultats de cette année montrent clairement que les dirigeants de PME sont des pionniers. Malgré les complexités de l’économie mondiale, l’esprit d’initiative est inscrit dans leur ADN.
En règle générale, les PME qui se développent à l’international sont soumises aux mêmes réglementations et aux mêmes contraintes externes que les très grandes multinationales, mais sans bénéficier de filets de sécurité financiers importants, de structures éprouvées ni d’années d’expérience dans la gestion des législations et des administrations locales.
Et si les perspectives restent globalement positives, l’analyse plus fine des données révèle une réalité plus nuancée : les entreprises sont confrontées aux défis posés par l’intelligence artificielle, les droits de douane et l’instabilité géopolitique, leur confiance et leurs ambitions étant souvent influencées par les zones géographiques dans lesquelles elles opèrent. Dans certaines régions, l’optimisme quant à l’expansion internationale reste élevé ; dans d’autres, les entreprises se montrent plus prudentes.
Il n’est pas surprenant de constater que les défis culturels consistent notamment à concilier les attentes mondiales et les exigences locales. C’est une réalité à laquelle nos membres sont confrontés au quotidien lorsqu’ils travaillent aux côtés de leurs clients, en s’intégrant pleinement à leurs équipes pour les aider à s’y retrouver face à des réglementations complexes ou à une bureaucratie peu coopérative.
Le terme « interpreneur » a été créé pour désigner un chef d’entreprise qui réussit à étendre la présence de son entreprise sur les marchés étrangers.
Résumé : Le point de vue des « interpreneurs » aujourd’hui
Les principales conclusions du rapport révèlent que :
La confiance est forte dans le contexte actuel. Les entrepreneurs sont optimistes quant aux perspectives d’expansion internationale : les personnes interrogées ont attribué au climat actuel d’expansion mondiale une note moyenne de 8,2 sur 10. Plus de la moitié (57 %) ont déclaré qu’il était facile pour les entreprises de s’implanter à l’étranger en ce moment.
Les perspectives semblent favorables. Les perspectives d’avenir sont tout aussi encourageantes, malgré les difficultés. La grande majorité (86 %) des « interpreneurs » s’attend à ce que les conditions d’expansion à l’international deviennent plus favorables au cours des deux ou trois prochaines années.
La croissance du marché reste le principal moteur. La recherche d’opportunités de croissance sur les marchés reste la principale motivation pour l’expansion à l’international : 59 % des personnes interrogées l’ont indiqué, contre 52 % dans notre dernier rapport de 2024. Près de six personnes sur dix (58 %) ont déclaré que l’accès à de nouveaux marchés clients constituait la principale opportunité pour leurs activités à l’étranger.
La numérisation et l’innovation occupent une place de plus en plus importante dans l’ordre du jour. De plus en plus d’entrepreneurs citent désormais l’accès aux technologies numériques et à l’innovation comme l’un des principaux moteurs de leur expansion internationale (40 %, contre 31 % il y a deux ans). Plus de la moitié d’entre eux (52 %) considèrent l’adoption de technologies de pointe comme une opportunité majeure pour l’avenir, à mesure qu’ils développent leurs activités à l’étranger.
La préparation à l’IA est désormais une réalité. Près des trois quarts (74 %) ont indiqué que l’IA avait un impact significatif sur la stratégie d’expansion internationale de leur organisation, les femmes étant plus nombreuses que les hommes à juger cet impact significatif. Seul 1 % a déclaré ne pas utiliser du tout l’IA.
Les fluctuations tarifaires sont préoccupantes. Pour l’avenir, l’instabilité géopolitique et la hausse des coûts liée aux droits de douane constituent les principales menaces pour les activités internationales, selon respectivement 45 % et 40 % des personnes interrogées. Plus de la moitié (57 %) ont déclaré que les droits de douane et les différends commerciaux avaient eu un impact significatif sur leur stratégie mondiale au cours des une à deux dernières années.
Les accords commerciaux et les régimes fiscaux revêtent plus d’importance que jamais. Lorsqu’ils réfléchissent à leurs projets d’expansion à l’étranger, les entrepreneurs s’intéressent davantage à l’existence d’accords commerciaux favorables qu’il y a deux ans (48 % contre 42 %). Il en va de même pour les régimes fiscaux (39 % estiment que des politiques fiscales favorables rendent un pays attractif, contre 33 % en 2024).
Il est difficile de préserver la culture d’entreprise. Le maintien d’une culture d’entreprise cohésive pose de nombreux défis lors d’une expansion à l’international. Trouver le juste équilibre entre les normes mondiales et la flexibilité locale est l’aspect le plus délicat (pour 42 % des personnes interrogées), suivi de la gestion des différences en matière de normes de travail et d’attentes des employés (33 %).
La complexité réglementaire et fiscale pose des difficultés. Plus d’un tiers des entreprises ont du mal à s’y retrouver parmi les exigences de conformité réglementaire (37 %) et les règles fiscales internationales (34 %) dans le cadre de leur expansion à l’international, tandis que pour 31 % d’entre elles, le manque de connaissance des questions fiscales tant internationales que locales compromet la conformité de leur et les empêche de tirer pleinement parti des avantages fiscaux.
On aspire de plus en plus à une plus grande clarté politique. En conséquence, on constate une nette augmentation de l’importance accordée à la transparence du cadre réglementaire par les entrepreneurs : 36 % d’entre eux ont cité cet aspect comme l’un des facteurs rendant un pays attractif pour une expansion internationale, contre seulement 28 % en 2024.
Analyse de l’environnement sur un marché instable
Jusqu’à présent, les années 2020 ont été marquées par de profondes bouleversements. De la pandémie de Covid-19 à l’avènement de l’intelligence artificielle, en passant par l’évolution rapide des règles tarifaires et les conflits géopolitiques, les chefs d’entreprise ont dû évoluer dans un climat d’incertitude quasi permanente. Maintenir le cours normal des activités est devenu plus difficile pour de nombreux entrepreneurs, mais ceux qui se développent à l’étranger ont eu encore plus de raisons de faire appel à toute leur ingéniosité, leur dynamisme et leur vision pour concrétiser leurs ambitions d’internationalisation.
Dans ce contexte, le niveau de confiance dont font preuve les interpreneurs dans notre enquête est frappant. Malgré la situation géopolitique instable qui prévalait précisément au moment où l’enquête a été menée (en février 2026), les personnes interrogées ont exprimé un profond optimisme quant aux perspectives d’expansion internationale.
Ils ont évalué le climat actuel d’expansion mondiale à 8,2 sur 10 sur l’échelle de confiance, les femmes affichant des scores de confiance encore plus élevés que les hommes (8,5 contre 8,0).
Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure jugez-vous favorable le contexte actuel pour l'expansion commerciale à l'international ?
Leur optimisme est corroboré par les données de l’Organisation mondiale du commerce, qui montrent que le commerce mondial a connu en 2025 une croissance plus forte que prévu, de l’ordre de 4,7 %, dépassant largement celle du PIB. Si la croissance devrait ralentir cette année pour s’établir à 2,7 %, elle devrait toutefois rester au même niveau que celle du PIB.3
L’opinion dominante était que les entrepreneurs ne devaient pas se laisser décourager par la perspective d’une expansion internationale. Plus de la moitié (57 %) ont déclaré qu’il était facile pour les entreprises de s’implanter à l’étranger à l’heure actuelle, compte tenu du contexte géopolitique et économique actuel (les entrepreneurs les plus jeunes, âgés de 25 à 44 ans, étant les plus enclins à le dire).
En comparaison, un peu plus d’un quart (27 %) des personnes interrogées estiment qu’il s’agit d’une démarche difficile à entreprendre en ce moment. Il convient toutefois de noter d’importantes disparités régionales dans ce domaine : 89 % des personnes interrogées estiment que c’est facile au Nigeria et 82 % aux États-Unis, contre seulement 35 % en Espagne et 29 % à Singapour.
Compte tenu du contexte géopolitique et économique actuel, dans quelle mesure pensez-vous qu'il soit facile ou difficile pour les entreprises de s'implanter à l'étranger ?
La grande majorité se montre optimiste quant à l’avenir : 86 % s’attendent à ce que les conditions d’expansion à l’international deviennent plus favorables au cours des deux ou trois prochaines années.
Pensez-vous que le contexte général pour l'expansion des activités à l'international deviendra plus ou moins favorable au cours des deux ou trois prochaines années ?
À l’avenir, l’accès à de nouveaux marchés clients est considéré comme la principale opportunité pour les activités à l’étranger, mais l’accès à la technologie, aux talents, aux partenariats stratégiques, à des sources de revenus plus diversifiées et à des coûts réduits occupe également une place importante.
Tout cela laisse penser qu’une attitude positive, la capacité à repérer les opportunités quelles que soient les circonstances et la détermination à surmonter les obstacles sont des traits caractéristiques de l’esprit d’entreprise, et que ces qualités devraient leur être très utiles, que les perspectives d’avenir soient favorables ou non.
Selon vous, laquelle des options suivantes représente la plus grande opportunité pour vos activités à l'étranger ?
L’impact des droits de douane sur la stratégie mondiale
Les régimes tarifaires imprévisibles constituent l’un des principaux défis auxquels les entrepreneurs ont été confrontés ces derniers temps. La rapidité et l’ampleur des changements survenus au cours de l’année écoulée ont été sans précédent, mais il est clairement essentiel de maintenir le cap de la croissance mondiale malgré ces turbulences.
Les entreprises qui opèrent ou s’implantent sur plusieurs marchés à travers le monde ont dû faire preuve à la fois d’agilité et de sens tactique, par exemple en restructurant leurs chaînes d’approvisionnement, en optimisant leurs stocks ou en exploitant l’intelligence artificielle pour analyser les données, cartographier les risques et planifier l’avenir. La quasi-totalité des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête (98 %) ont déclaré que les droits de douane ou les différends commerciaux avaient eu un impact sur la stratégie mondiale de leur organisation au cours des deux dernières années, 57 % d’entre elles qualifiant cet impact de significatif.
Comme rien ne garantit que l’incertitude liée aux droits de douane soit levée, les entreprises interpreneuriales devront continuer à faire preuve de souplesse pour atténuer les risques et maîtriser leurs coûts. En effet, les interpreneurs considèrent l’instabilité géopolitique et les hausses de coûts liées aux droits de douane comme les menaces les plus importantes pour leurs activités internationales à l’avenir (respectivement 45 % et 40 %), tandis que près d’un tiers (31 %) s’inquiète des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.
Dans quelle mesure les droits de douane ou les différends commerciaux ont-ils influencé la stratégie internationale de votre organisation au cours des 1 à 2 dernières années ?
La récente volatilité des droits de douane, principalement due à la politique de l’administration américaine et aux tensions géopolitiques, a eu un impact significatif sur les entrepreneurs du monde entier. Cet impact peut varier considérablement d’un pays à l’autre, car il modifie directement les bases de coûts et les décisions d’approvisionnement. Sur des marchés tels que l’Inde, les États-Unis et le Nigeria, les clients restructurent activement leurs chaînes d’approvisionnement, renégocient leurs contrats et réévaluent leurs prix de transfert afin de gérer leur exposition aux droits de douane. En revanche, le rôle des Émirats arabes unis en tant que plaque tournante commerciale à faibles droits de douane atténue cet effet. Dans l’ensemble, les droits de douane constituent désormais un facteur clé de changement opérationnel, et non plus seulement un coût fiscal.
Mark Taylor Président du comité fiscal de Kreston Global Group et responsable des services internationaux chez Kreston Duncan & Toplis
Tirer parti de l’IA : l’essor de la croissance fondée sur la technologie
L’intelligence artificielle est en passe de devenir un élément central des activités des entreprises. Son adoption ne cesse de progresser, les dirigeants reconnaissant son potentiel pour améliorer l’efficacité, prendre en charge des tâches tant simples que complexes et éclairer la prise de décision. Selon une enquête menée par McKinsey, 88 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise utilise désormais l’IA pour au moins une fonction métier.4
À mesure que la dynamique s’accélère et que les entreprises passent de la phase d’expérimentation à l’intégration de l’IA dans leurs processus quotidiens, la volonté de garder une longueur d’avance sur la concurrence en tirant parti de l’IA est forte. Cela vaut tout particulièrement pour les interpreneurs qui, d’une part, sont souvent innovants par nature et, d’autre part, pourraient tirer parti d’outils technologiques sophistiqués pour les aider à gérer la complexité inhérente à la conduite d’opérations multi-juridictionnelles et à la mise en œuvre d’une stratégie de croissance mondiale.
Il y a deux ans, alors que l’IA commençait tout juste à s’imposer dans les mentalités, 90 % des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête sur l’interpreneuriat se disaient prêtes à exploiter l’IA. Aujourd’hui, cette volonté s’est concrétisée : près des trois quarts (74 %) déclarent désormais que l’IA a un impact significatif sur la stratégie d’expansion internationale de leur organisation. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à juger cet impact significatif (80 % contre 70 %), tout comme les jeunes interpreneurs et ceux basés au Nigeria (94 %) et aux États-Unis (89 %). Seul 1 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas utiliser du tout l’IA.
Dans quelle mesure l'intelligence artificielle a-t-elle influencé la stratégie d'expansion internationale de votre organisation ?
Dans quelle mesure l'IA a-t-elle influencé la stratégie d'expansion internationale de votre organisation ? (Par catégorie démographique)
L’impact de l’IA sur la stratégie entrepreneuriale
L’accès aux technologies numériques et à l’innovation s’est imposé comme un motif de plus en plus important pour se lancer à l’international : 40 % des personnes interrogées citent en effet cet aspect comme un facteur principal de leur expansion internationale en 2026, contre 31 % en 2024. Parallèlement, plus de la moitié (52 %) des interpreneurs considèrent l’adoption de technologies de pointe comme une opportunité majeure pour les activités internationales de leur organisation à l’avenir. Sans surprise, c’est dans le secteur des technologies de l’information que ce pourcentage est le plus élevé (62 % des répondants l’ont indiqué).
Cela est important car les pionniers et les suiveurs rapides vont probablement constater que l’IA décuple leurs capacités, rendant ainsi plus difficile le rattrapage pour les retardataires. Expérimenter et intégrer l’IA dès le début devrait permettre aux utilisateurs de se familiariser avec ces outils avancés à mesure qu’ils évoluent rapidement, et permettre aux PME de s’assurer un avantage concurrentiel en tirant parti d’informations et d’analyses commerciales en temps réel issues de l’analyse des données, en simplifiant les processus complexes, en améliorant l’efficacité, en accélérant les résultats et en réduisant les coûts.
Dans quelle mesure l'IA a-t-elle influencé la stratégie d'expansion internationale de votre organisation ? (Par secteur)
L’avantage de l’expérience : ce que la prochaine promotion peut apprendre des « interpreneurs »
Pour comprendre les facteurs de réussite de l’interpreneuriat, il est important de savoir ce qui a poussé les entrepreneurs à franchir une étape aussi audacieuse, ce qu’ils recherchaient dans la ou les localités ciblées, ce qui les a aidés tout au long de leur parcours et quels obstacles ils ont rencontrés. Tirer les leçons de l’expérience des autres et partager les perspectives des interpreneurs sur l’avenir offre des enseignements précieux à ceux qui envisagent aujourd’hui de s’engager dans une voie similaire.
La recherche d’opportunités de croissance sur les marchés — notamment l’accès à de nouveaux segments de clientèle — reste la principale motivation, et celle-ci ne cesse de croître, pour l’expansion à l’international (59 % des personnes interrogées l’ont indiqué, contre 52 % en 2024). Parallèlement, la volonté de s’assurer un avantage concurrentiel en prenant pied sur le marché avant les concurrents s’accompagne d’un désir croissant d’accéder aux technologies numériques et à l’innovation (comme indiqué ci-dessus). On observe également une tendance marquée à la diversification, visant à réduire la dépendance vis-à-vis d’un marché unique.
Quels ont été les principaux facteurs qui vous ont poussé à développer votre activité à l'international ?
De nombreuses entreprises opérant aujourd’hui à l’échelle nationale et internationale sont confrontées au défi de savoir comment faire face à des pressions concurrentielles et à des exigences de rentabilité sans cesse croissantes. Il existe essentiellement deux approches : les entreprises peuvent renforcer leur position sur le marché en pénétrant de nouveaux marchés, ou elles peuvent réduire leurs coûts afin de proposer des prix plus compétitifs. Étant donné que la réduction des coûts a ses limites et que, même si elle peut apporter un succès à court terme, elle finit par entraver la croissance de l’entreprise, la plupart des entreprises choisissent de conquérir de nouveaux marchés, qu’elles considèrent comme la stratégie de croissance la plus prometteuse et la plus durable. Lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre une stratégie d’internationalisation, chez Kreston Global, nous sommes en mesure d’accompagner et de guider les entreprises grâce à notre réseau mondial.
Environ un quart des entreprises ont cité les opportunités en matière de ressources dans le processus de fabrication, la chaîne d’approvisionnement ou d’autres aspects de leurs activités (26 %), le recrutement de talents (24 %) ou l’optimisation des coûts (22 %) comme principaux moteurs de leur expansion à l’international.
Un thème récurrent se dégage ici : les « interpreneurs » en veulent davantage. Davantage de latitude pour s’adapter, passer au numérique, innover, étendre leur champ d’action, élargir leur clientèle, leur vivier de talents et leur réseau de fournisseurs, et, en fin de compte, renforcer et développer leurs entreprises. L’« interpreneurship » consiste, en substance, à tirer parti de tout ce que le monde a à offrir.
En ce qui concerne les facteurs spécifiques qui rendent un pays attractif en tant que cible d’expansion internationale, les entrepreneurs s’intéressent avant tout à l’existence d’accords commerciaux favorables, tels que des zones de libre-échange, des partenariats diplomatiques ou des régimes tarifaires préférentiels (48 %) — bien plus qu’il y a deux ans (où ils étaient 42 % à le mentionner). Les perspectives de croissance économique future du site (46 %), l’adéquation avec la stratégie de croissance à long terme de l’entreprise (par exemple, les investissements régionaux dans des secteurs spécifiques) et la disponibilité de compétences et de talents viennent ensuite dans la liste (respectivement 43 %).
Cependant, la clarté des politiques et les capacités numériques constituent également des facteurs de différenciation de plus en plus importants entre les marchés : on constate une nette augmentation de l’importance accordée à un environnement réglementaire transparent, à des politiques fiscales favorables et à l’infrastructure technologique du pays.
Ces priorités de plus en plus importantes reflètent certains des principaux défis auxquels les interpreneurs ont été confrontés. Si la gestion de l’instabilité économique, notamment les fluctuations monétaires, l’inflation et/ou la faible croissance, a constitué le principal obstacle lors du processus d’expansion internationale (38 %), la gestion des systèmes et des réglementations tant mondiaux que locaux s’est également avérée problématique pour beaucoup.
Les pays qui ont le plus progressé : quels sont les facteurs qui rendent un pays particulièrement attractif pour une expansion internationale ?
Faire face à la complexité des réglementations et des régimes fiscaux
La complexité réglementaire et fiscale reste un obstacle persistant. Plus d’un tiers des entreprises ont déclaré rencontrer des difficultés pour se conformer aux exigences réglementaires, ESG et juridiques (37 %) ainsi qu’aux règles fiscales internationales telles que les prix de transfert et la double imposition (34 %). De nouvelles réformes, notamment les cadres fiscaux des piliers I et II de l’OCDE, exacerbent les difficultés de mise en conformité. Conçu pour lutter contre le transfert des bénéfices par les entreprises multinationales, ce régime est difficile à interpréter et à mettre en œuvre, en particulier pour les PME qui disposent de moins de ressources que leurs homologues de grande taille.
Par ailleurs, pour 31 % des entreprises, le manque de connaissance des questions fiscales tant au niveau mondial que local compromet la conformité et les empêche de tirer pleinement parti des avantages fiscaux. De plus, les difficultés liées à l’implantation locale des activités en vue de mettre en place une infrastructure back-end conforme se sont accrues : aujourd’hui, 25 % des entreprises considèrent cela comme un défi, contre 19 % il y a deux ans.
Cela souligne l’importance des connaissances locales et du soutien apporté par des conseillers en affaires capables de s’associer aux interpreneurs et de les guider, eux et leurs équipes de direction, à travers les complexités des différentes réglementations juridiques, des régimes fiscaux et des règles commerciales applicables dans une ou plusieurs juridictions. Les orientations politiques et les exigences réglementaires peuvent varier considérablement d’un pays à l’autre (la divergence récente entre les normes ESG aux États-Unis et dans l’Union européenne en est un excellentexemple5) et sont souvent sujettes à des changements rapides. Il est donc clairement essentiel de veiller à ce que les entreprises soient bien positionnées pour, d’une part, maintenir leur conformité réglementaire et, d’autre part, tirer parti de tous les avantages offerts par les régimes fiscaux et commerciaux.
Cependant, les entrepreneurs ont parfois du mal à trouver les bons partenaires locaux avec lesquels nouer des relations solides et de confiance. Un peu plus d’un tiers d’entre eux (37 %) ont indiqué que cela constituait un défi dans le cadre de leur expansion internationale.
Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confrontés lors de votre processus d'expansion internationale ?
Principaux obstacles à l’expansion internationale
Si les forces macroéconomiques façonnent le paysage mondial, la réussite des interpreneurs repose tout autant sur la gestion des réalités locales spécifiques. Les interpreneurs doivent se concentrer sur les dynamiques organisationnelles internes s’ils veulent créer et maintenir une culture d’entreprise cohésive au service de toutes les parties prenantes, où qu’elles se trouvent. Chacun – tant au niveau de l’entreprise qu’au niveau individuel – doit s’adapter. Il s’agit là d’une tâche considérable lorsque les méthodes de travail établies peuvent différer, que les barrières linguistiques peuvent entraver une communication claire et que les nuances culturelles doivent être prises en compte.
Pour 42 % des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête, concilier les normes internationales et la flexibilité locale a constitué le principal défi pour préserver la culture de leur organisation lors de leur expansion à l’étranger. Un tiers (33 %) a cité la gestion des normes de travail et des attentes des employés, tandis que des questions telles que l’adaptation des valeurs de l’entreprise aux coutumes locales, le maintien de la cohésion des équipes transfrontalières, ainsi que le recrutement et la fidélisation d’employés en adéquation avec la culture d’entreprise figurent également parmi les principales préoccupations (pour 30 %).
Réussir à intégrer différentes équipes réparties sur plusieurs sites est déjà suffisamment difficile lorsque l’expansion se limite au marché national ; lorsque l’on ajoute la dimension internationale, y parvenir devient encore plus complexe – et crucial. En raison de la nature même de l’internationalisation, des règles et réglementations peuvent s’appliquer aux activités de l’entreprise qui sont peu familières – voire contradictoires – par rapport aux normes et aux attentes des personnes sur le terrain dans une région géographique donnée. Les pratiques de travail ou les techniques de gestion peuvent différer considérablement, et leur harmonisation doit être gérée avec tact.
Pour créer une culture cohésive capable de perdurer dans le temps, les « interpreneurs » doivent réfléchir attentivement à la manière de repenser les structures et les politiques organisationnelles afin de laisser place aux divergences d’opinion, d’expérience et de vision dans de nouveaux domaines, tout en restant fidèles à l’identité et à l’éthique globales de l’entreprise.
Quels ont été les principaux défis rencontrés pour préserver la culture de votre entreprise lors de votre expansion à l'étranger ?
Aux Émirats arabes unis, la capacité à s’adapter rapidement fait partie intégrante de la culture d’entreprise. Les processus sont numérisés, les services publics sont accessibles et la prise de décision peut être rapide. Sur d’autres marchés, les entreprises se sont heurtées à des systèmes rigides et à des délais de réponse plus longs. Même les modifications opérationnelles les plus minimes nécessitaient des autorisations et des délais d’attente auxquels elles n’étaient pas habituées.
Cela ne veut pas dire pour autant que l’expansion internationale n’en vaut pas la peine. Elle en vaut tout à fait la peine. Mais elle a contraint les entreprises à revoir leurs a priori. L’efficacité et le soutien dont elles ont bénéficié aux Émirats arabes unis ne sont pas la norme partout. Ce qui semblait normal aux Émirats arabes unis — rapidité, clarté et facilité à faire des affaires — est, dans de nombreuses régions du monde, l’exception plutôt que la règle.
Les « interpreneurs » évoluent à la pointe du commerce mondial. Nous avons inventé le terme « interpreneur » afin de mettre en avant la dimension supplémentaire que confère à l’esprit d’entreprise le fait de se lancer sur la scène internationale, et pour saluer le rôle essentiel que jouent les PME dans la stimulation de la croissance économique mondiale.
L’interpreneuriat n’est pas fait pour les timorés : il faut faire preuve d’ingéniosité et d’adaptabilité. Ce que nous observons sans cesse chez les interpreneurs avec lesquels nous travaillons, c’est une mentalité du « s’adapter ou périr » : ils réagissent de manière proactive face au risque, trouvent des solutions pour contourner les obstacles et prennent des décisions rapidement. Ils intègrent ensuite les leçons tirées de ces expériences dans leurs guides opérationnels.
Pour la plupart de ces pionniers, le risque de passer à côté d’une bonne opportunité prime sur des questions secondaires telles que les droits de douane applicables dans une juridiction donnée. Cela dit, la facilité et le coût de l’activité commerciale restent des facteurs importants à prendre en compte. Il est possible – et nécessaire – d’en faire davantage pour favoriser la réussite entrepreneuriale tant à l’échelle mondiale que locale, par exemple :
• Apporter davantage de certitude quant à l’orientation des politiques fiscales et commerciales et réduire la complexité des réglementations juridiques et des régimes fiscaux fragmentés qui pèsent sur la gestion transfrontalière et la logistique opérationnelle, et qui entraînent souvent une augmentation des coûts. Il est extrêmement difficile de s’y retrouver parmi les normes de déclaration réglementaires diverses (et parfois contradictoires), les changements tarifaires soudains ou les exigences des nouveaux piliers 1 et 2 de l’OCDE en matière fiscale, ce qui nécessite souvent de faire appel à d’importantes ressources spécialisées • Faciliter la compréhension des avantages et des mesures d’incitation dont bénéficient les entreprises qui s’implantent sur de nouveaux marchés (ainsi que de leurs obligations juridiques et fiscales) afin de les aider à limiter les risques, à démarrer sur les chapeaux de roue et à saisir toutes les opportunités qui se présentent • Favoriser l’intégration culturelle en aidant les PME à mettre en place des structures organisationnelles à la fois solides et flexibles, permettant une approche nuancée pour concilier les normes et les attentes locales avec les exigences réglementaires internationales applicables aux entreprises.
Ce que notre étude met clairement en évidence, c’est la forte motivation des « interpreneurs » et leur conviction profonde que, grâce à une stratégie et à un accompagnement adaptés, ainsi qu’à la mise en place d’un environnement de travail positif pour tous, l’internationalisation peut produire les résultats escomptés. En facilitant l’accès à des contacts essentiels et en fournissant des conseils pratiques dispensés par des experts chevronnés sur le terrain concernant les opportunités commerciales, la conformité et la culture, c’est précisément dans ce but qu’a été créé le réseau de conseillers internationaux en affaires, en fiscalité et en comptabilité de Kreston Global.
Nous assistons à une évolution vers davantage de précision, une attention accrue portée aux fondamentaux, des partenariats locaux de confiance et une plus grande résilience. L’ambition de se développer à l’international est plus forte que jamais, mais la réussite dépend de plus en plus de la capacité à gérer la complexité, et non plus seulement à pénétrer de nouveaux marchés. Les entreprises peuvent s’appuyer sur l’expérience, les connaissances et les relations de leurs conseillers et de leurs réseaux internationaux
Andrew Griggs Président du conseil d’administration de Kreston Global, associé principal et directeur général de Kreston Reeves
Conclusion
Les petites et moyennes entreprises sont souvent décrites comme le moteur de la croissance économique, et cela vaut tout autant sur la scène internationale qu’au niveau national. Si le commerce mondial est florissant et que le PIB restesolide6 malgré l’impact des tensions géopolitiques actuelles, c’est en grande partie grâce à l’audace et à la résilience d’une génération d’« interpreneurs ».
Bien que les « interpreneurs » soient conscients des défis à relever, ils continuent de se concentrer sur la saisie des opportunités : pénétrer de nouveaux marchés, améliorer leurs processus opérationnels, tirer parti de l’innovation et renforcer leur avantage concurrentiel à mesure qu’ils se développent à l’international.
La réussite exige toute la motivation et la vision qui caractérisent généralement les entrepreneurs, ainsi que du pragmatisme et la volonté de solliciter de l’aide lorsque cela s’avère nécessaire. L’internationalisation les mènera en terrain inconnu ; c’est pourquoi les connaissances et les conseils pratiques d’experts qui maîtrisent parfaitement les dynamiques du marché, la réglementation, la fiscalité et la culture du pays cible, et qui sont également capables d’avoir une vision globale de la situation, sont indispensables.
Les informations fournies dans ce rapport devraient aider les futurs « interpreneurs » à planifier et à préparer leur expansion internationale ; toutefois, lorsqu’ils se lanceront dans cette aventure, ils auront besoin des conseils avisés de partenaires sur le terrain pour les aider à s’y retrouver parmi les règles, les exigences, les normes et les attentes tant au niveau mondial que local.
Pour plus d’informations sur l’internationalisation de votre entreprise ou pour obtenir des conseils sur des questions particulières dans certaines juridictions à travers le monde, rendez-vous sur notre page « Trouver un membre » afin de contacter directement l’un de nos spécialistes.
Télécharger le rapport
Méthodologie
Le rapport Kreston sur l’entrepreneuriat est une étude bisannuelle, les éditions précédentes ayant été réalisées en 2024 et en 2022.
L’enquête de 2026 a été menée auprès de 100 chefs d’entreprise dans chacun des 11 pays suivants (1 100 au total) : Australie, Brésil, Inde, Mexique, Nigeria, Singapour, Afrique du Sud, Espagne, Émirats arabes unis, Royaume-Uni et États-Unis, entre le 26 février et le 12 mars 2026. Les personnes interrogées étaient des cadres supérieurs, des propriétaires, des présidents, des associés, des directeurs généraux, des administrateurs ou des cadres supérieurs d’entreprises du secteur privé réalisant un chiffre d’affaires annuel compris entre 10 et 300 millions de livres sterling et ayant développé leurs activités à l’international. Tous les pourcentages ont été arrondis au nombre entier supérieur.
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